ON THE TOP OF THE LAKE résulte de l'invitation de STADIO faite à l'artiste Armand Morin (né en 1984 en France et vivant à Bruxelles). Le parcours de l'exposition se présente comme un réseau d’œuvres qui permettent la traversée d’un lieu absent ou d’une collection de souvenirs. Armand Morin exploite ainsi des images altérées par le filtre de la mémoire pour en produire des effigies. Ce montage, au sens filmique du terme, donne à voir un ensemble d'associations qui s'affranchissent des fossés géographiques, temporels ou culturels. Le visiteur est alors happé dans un télescopage de références récurrentes chez l'artiste.

Les éléments ponctuants l'exposition sont fondés sur des expériences personnelles autant que sur des impressions ou sentiments communément éprouvés. Le fruit des explorations mentales de l’artiste trouve souvent ses origines dans l’exploration physique de sites touristiques. Le spectateur peut donc discerner dans ces œuvres une projection déformée de ses propres souvenirs. La grotte, visite en barque (2012) cristallise les réminiscences d’une excursion dans une grotte et illustre ainsi parfaitement ce processus.

Armand Morin nous livre la vision distordue d’une muséographie pédagogique. Plus généralement, l’artiste se réapproprie les multiples aménagements facilitant l'accès à un concept, un lieu, ou à la représentation d'une période. L'exposition est introduite par le tableau lumineux Time / Life Storyboard (2014) puis invite le spectateur à parcourir l'installation On the top of the lake (2015), transposant ainsi le même modus operandi d'un plan bidimensionnel à un dispositif spatial, du modèle d'un diaporama à celui d'un diorama.